Publié le 15 mars 2024

Cesser de subir vos tâches et commencer à les concevoir comme un jeu est la clé pour vaincre la procrastination.

  • Les listes de tâches traditionnelles échouent car elles se concentrent sur le « quoi » faire, ignorant le « pourquoi » qui alimente la motivation intrinsèque.
  • Adopter une mentalité de « Game Designer » permet de créer un système personnel basé sur des points, des défis équilibrés et la visualisation de vos ressources (temps, énergie).

Recommandation : Commencez par cartographier une seule de vos tâches récurrentes comme une « quête », en définissant un objectif clair, des points d’expérience (XP) et une récompense qui a du sens pour vous.

La scène est familière : une liste de tâches qui s’allonge, un sentiment de submersion et cette petite voix qui murmure « demain ». Pour des millions de procrastinateurs chroniques, la simple discipline ne suffit pas. On nous a appris à cocher des cases, à suivre des méthodes rigides, mais ces approches ignorent souvent le moteur principal de l’action humaine : le désir et le plaisir. Et si la solution ne résidait pas dans plus de rigueur, mais dans plus de jeu ?

Loin d’être une simple distraction, la gamification est l’application des mécaniques de jeu (points, niveaux, défis) à des contextes non ludiques pour augmenter l’engagement et la motivation. Il ne s’agit pas de transformer votre déclaration d’impôts en un jeu vidéo, mais de repenser votre approche. Le problème n’est pas la tâche elle-même, mais le système dans lequel vous l’inscrivez. Une to-do list est un système linéaire et souvent punitif. Un jeu est un système dynamique et gratifiant.

Cet article n’est pas une énième liste d’applications à télécharger. C’est un changement de paradigme. Nous allons explorer comment vous pouvez devenir l’architecte de votre propre système de productivité, en empruntant les outils les plus puissants des game designers. Vous apprendrez à créer vos propres règles, à équilibrer la difficulté pour rester dans la « zone » (le fameux état de flow) et à voir vos ressources non comme des limites, mais comme un inventaire stratégique pour accomplir vos quêtes personnelles et professionnelles.

Pour vous guider dans cette transformation, nous avons structuré ce guide comme une progression. Chaque section débloque une nouvelle compétence pour faire de vous le maître de votre propre jeu. Voici la carte de votre aventure.

Pourquoi cocher une to-do list ne suffit plus à motiver 60% des gens ?

La to-do list est l’outil de productivité le plus universel, et pourtant, pour beaucoup, elle est devenue une source d’anxiété. Le plaisir éphémère de cocher une case masque un problème de fond : elle ne répond pas au « pourquoi ». Elle liste des actions déconnectées de leur finalité, transformant nos journées en une série de corvées sans âme. Ce n’est donc pas surprenant que, selon une étude, plus de 83% des employés considèrent que la gamification, une approche axée sur le sens et la récompense, pourrait améliorer leur motivation et leur productivité.

Le principal défaut de la to-do list classique est son manque de contexte et de hiérarchie émotionnelle. « Appeler le plombier » et « Lancer le projet de mes rêves » peuvent avoir la même apparence sur le papier, mais leur impact sur votre vie est radicalement différent. Le système ne fait pas la distinction, et nous finissons par accomplir les tâches faciles pour avoir l’illusion de la productivité, en repoussant constamment les « quêtes principales » qui comptent vraiment. C’est un système qui favorise l’occupation plutôt que l’accomplissement.

Avant de jeter entièrement le système, on peut l’améliorer en suivant quelques principes de base : limiter le nombre de tâches, les prioriser par impact, et surtout, faire le lien entre chaque micro-tâche et l’objectif global. Cependant, même optimisée, la to-do list reste un outil passif. La véritable révolution consiste à passer d’une logique de « liste de choses à faire » à une logique de « jeu à gagner », où chaque action est une décision stratégique au sein d’un système que nous contrôlons.

Il ne s’agit plus de subir une liste, mais de concevoir une expérience. C’est là que les premières briques de la gamification, comme les points d’expérience, entrent en jeu.

Comment créer un système de points XP pour vos objectifs sportifs sans tricher ?

Le sport est un terrain de jeu idéal pour expérimenter avec votre premier système de gamification. L’objectif n’est pas de « tricher » en s’attribuant des points pour rien, mais de créer un système de feedback qui rend le progrès visible et gratifiant. La clé est la cohérence et la personnalisation. Oubliez les systèmes rigides ; vous êtes le Game Designer. Commencez simple : attribuez une valeur en « points d’expérience » (XP) à chaque action. Par exemple : 10 XP pour une session de 30 minutes, 5 XP bonus si vous y allez malgré la pluie, 25 XP pour un nouveau record personnel.

Ces points ne sont pas juste des chiffres. Ils sont la matérialisation de votre effort. Ils transforment une série de sessions parfois démotivantes en une barre de progression qui monte visiblement. Pour rendre le système plus robuste, inspirez-vous des mécaniques de jeu éprouvées. Un système bien conçu utilise une combinaison d’éléments pour maintenir l’engagement sur le long terme.

Carnet d'entraînement sportif avec système de points et badges dessinés à la main

Le tableau ci-dessous, inspiré des meilleures pratiques de la gamification, détaille les « briques » fondamentales que vous pouvez utiliser pour construire votre propre système de motivation. Chaque mécanique a un impact psychologique différent et peut être adaptée à vos objectifs spécifiques.

Comparaison des mécaniques de gamification pour vos objectifs
Mécanique Impact Application pratique
Points Récompense immédiate Attribuer des points pour chaque session sportive
Badges Reconnaissance des étapes franchies Badge ’10 sessions’ ou ‘Record personnel battu’
Classements Dynamique collective Comparer sa progression avec d’autres
Défis Encouragement à l’initiative Défis hebdomadaires adaptés au niveau

L’important est de rester honnête avec soi-même. Un bon « Game Designer » sait que si le jeu est trop facile ou si les récompenses sont gratuites, il perd tout son intérêt. Le système doit récompenser l’effort réel et vous pousser juste assez hors de votre zone de confort. La triche ultime serait de concevoir un jeu si peu engageant que vous n’auriez même plus envie d’y jouer.

Une fois les règles définies, il faut choisir son « interface de jeu » : allez-vous opter pour la technologie clé en main d’une application ou la créativité totale d’un support physique ?

Appli mobile ou Bullet Journal RPG : quel outil choisir pour gérer votre vie ?

Le choix de l’outil, ou de « l’interface de jeu », est crucial. Il doit correspondre à votre personnalité et à votre besoin de structure ou de créativité. D’un côté, nous avons les applications mobiles de gamification (comme Habitica, Forest, ou Zombies, Run!). Leur grand avantage est leur immédiateté : le système est clé en main, les récompenses visuelles et sonores sont instantanées, et les statistiques sont générées automatiquement. C’est une excellente option pour ceux qui veulent un démarrage rapide sans avoir à concevoir toutes les règles eux-mêmes.

De l’autre côté, une approche plus « artisanale » mais incroyablement puissante gagne en popularité : le Bullet Journal RPG (ou BuJo RPG). Il s’agit de transformer un simple carnet en un véritable jeu de rôle dont vous êtes le héros. Chaque section de votre vie (travail, santé, social) peut devenir une « zone » avec ses propres quêtes, chaque compétence à acquérir un arbre de talents à débloquer. L’acte physique d’écrire, de dessiner ses propres barres de progression ou de créer ses propres badges renforce l’engagement et l’appropriation du système.

Étude de cas : Le BuJo RPG de DJ Allen

Pour illustrer la puissance de cette approche, prenons l’exemple de DJ Allen. Il a transformé son Bullet Journal en un système de jeu de rôle personnel (BuJoRPG) pour structurer son auto-amélioration. En s’inspirant des films de kung-fu et des mécaniques de RPG, il a créé un univers avec des quêtes quotidiennes, des points d’expérience et des « achievements » pour suivre ses progrès dans divers domaines. Après plusieurs mois de test, il a partagé son système, démontrant qu’un simple carnet pouvait devenir un outil ludique et profondément personnel pour atteindre ses objectifs, bien plus engageant qu’une application standardisée.

Le choix entre ces deux pôles n’est pas anodin. Il s’agit de décider si vous préférez être un joueur dans un jeu bien conçu par d’autres, ou si vous êtes prêt à endosser le rôle plus exigeant mais potentiellement plus gratifiant de Game Designer. Pour vous aider à faire ce choix stratégique, voici les points clés à considérer.

Votre feuille de route pour choisir votre interface de jeu

  1. Le besoin de personnalisation : Êtes-vous du genre à vouloir créer vos propres règles de A à Z (BuJo) ou préférez-vous un cadre déjà établi (Appli) ?
  2. La source de gratification : Cherchez-vous la satisfaction immédiate d’une animation sur écran (Appli) ou celle, plus profonde, de l’accomplissement par l’écriture et le dessin (BuJo) ?
  3. La gestion de la complexité : Voulez-vous des rappels automatiques et des statistiques (Appli) ou préférez-vous la liberté de lier des quêtes transversales entre différents domaines de votre vie (BuJo) ?
  4. La charge mentale et créative : L’idée de concevoir votre système vous stimule (BuJo) ou vous fatigue d’avance (Appli) ?
  5. Le rapport à la technologie : Avez-vous besoin d’une pause des écrans (BuJo) ou la fatigue des notifications ne vous affecte-t-elle pas (Appli) ?

Cependant, quel que soit l’outil, un piège majeur guette tous les apprentis Game Designers : la tyrannie de la récompense.

Le piège de la « médaille virtuelle » qui tue votre motivation intrinsèque

Dans notre quête pour gamifier nos vies, il est facile de tomber dans le piège le plus courant : se concentrer exclusivement sur les récompenses externes, les « médailles virtuelles ». Points, badges, classements… Ces éléments sont puissants, mais ils constituent ce que les psychologues appellent la motivation extrinsèque (agir pour obtenir une récompense ou éviter une punition). Le véritable Graal, c’est la motivation intrinsèque : le plaisir de faire l’activité pour elle-même. Le danger est que, mal utilisées, les récompenses externes peuvent détruire cette précieuse motivation interne. C’est ce qu’on nomme l’effet de surjustification.

Imaginez que vous aimez lire. Si quelqu’un commence à vous payer pour chaque livre que vous lisez, la lecture risque de devenir un « travail ». Le jour où le paiement s’arrête, il est probable que votre envie de lire ait diminué. Les récompenses extrinsèques peuvent saper la motivation intrinsèque, surtout si elles sont perçues comme un moyen de contrôle. Une bonne gamification doit donc utiliser les récompenses non pas comme le but final, mais comme un feedback qui renforce le sentiment de compétence, d’autonomie et de progression.

Personne contemplant des trophées vides avec expression pensive

La médaille ne doit pas être la raison de la course, mais le symbole de l’effort accompli. Un badge « 50km à vélo » n’a de valeur que s’il vous rappelle la satisfaction que vous avez ressentie en atteignant ce cap, pas s’il est le seul moteur de votre sortie. Comme le résume parfaitement un analyste du domaine, l’équilibre est un défi permanent.

La clé et le grand défi de la gamification est de maintenir un alignement parfait entre des récompenses qui motivent intrinsèquement et extrinsèquement

– Gus&Co, Article sur la motivation et les récompenses en gamification

Cet équilibre délicat est au cœur du design de jeu. Mais il n’est pas le seul. L’autre pilier fondamental est l’ajustement de la difficulté.

Si vous échouez à vos propres défis : comment rééquilibrer le niveau de difficulté ?

Vous avez créé votre système, défini vos quêtes, et pourtant, vous n’avancez pas. Les tâches s’accumulent, la barre d’XP ne bouge pas. C’est un scénario classique qui ne signifie pas que vous êtes « nul », mais que votre jeu est mal équilibré. Un bon jeu, qu’il soit sur console ou dans votre vie, doit vous maintenir dans un état psychologique précis, théorisé par le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi : le Flow. Cet état de concentration et de plaisir optimal est atteint lorsque le niveau de difficulté d’un défi est en parfait équilibre avec vos compétences actuelles. Trop facile, et c’est l’ennui. Trop difficile, et c’est l’anxiété et l’abandon.

La théorie du Flow au cœur du bon « Game Design »

Théorisé dès 1975, le Flow est la pierre angulaire de toute expérience engageante. Pour qu’un parcours gamifié soit efficace, il doit respecter quatre conditions essentielles issues de cette théorie : 1) un équilibre constant entre les compétences de l’utilisateur et la difficulté des défis proposés, 2) des objectifs clairs et définis, 3) des feedbacks immédiats sur les actions entreprises, et 4) une source de motivation intrinsèque, c’est-à-dire que l’activité doit être intéressante en elle-même.

En tant que Game Designer de votre vie, votre rôle est de constamment ajuster les curseurs de difficulté. Une quête « Ranger tout le garage » est un « boss de fin de niveau » qui peut paraître insurmontable et provoquer l’anxiété. Votre travail consiste à « nerfer » cette quête, c’est-à-dire à en réduire la difficulté perçue. Vous pouvez la décomposer en une série de « mini-quêtes » beaucoup plus accessibles : « Trier la caisse à outils » (15 XP), « Jeter 5 objets inutiles » (10 XP), « Ranger les vélos » (20 XP). Soudain, le boss monstrueux s’est transformé en une série de petits monstres gérables.

Inversement, si une tâche récurrente devient trop facile et ennuyeuse, vous devez la « buffer », c’est-à-dire y ajouter un défi supplémentaire pour la rendre à nouveau intéressante. « Faire 30 minutes de course » peut devenir « Faire 30 minutes de course en améliorant son temps de 10 secondes ». Cet art de l’équilibrage est dynamique. Il s’agit d’écouter votre niveau d’énergie et d’adapter le jeu en temps réel, sans culpabilité. Un bon Game Designer ne blâme pas le joueur, il ajuste le jeu.

Une fois que vous maîtrisez ces mécanismes pour vous-même, vous réaliserez que les compétences que vous développez ont une valeur qui dépasse largement votre productivité personnelle.

L’erreur de croire que jouer ne sert à rien : comment vendre vos skills de gamer en entretien ?

Dans l’imaginaire collectif, le jeu est souvent perçu comme une perte de temps, l’antithèse du travail sérieux. C’est une vision obsolète qui ignore une réalité fondamentale : les jeux complexes, qu’il s’agisse de jeux vidéo ou des systèmes de vie que vous concevez, sont de puissants terrains d’entraînement pour des compétences professionnelles très recherchées. Le concept de « serious game », ou jeu sérieux, est d’ailleurs de plus en plus utilisé en entreprise pour la formation.

Les serious games sont des outils pédagogiques innovants qui s’appuient sur les mécanismes du jeu pour atteindre des objectifs spécifiques d’apprentissage, de formation ou de sensibilisation

– Almédia, La gamification peut-elle être utile dans l’industrie ?

Le défi est de savoir traduire ces compétences. Un recruteur ne sera pas impressionné si vous lui dites que vous avez passé 2000 heures sur World of Warcraft. Mais il le sera si vous expliquez que vous avez géré des raids de 25 personnes, en coordonnant des stratégies complexes en temps réel, en gérant les conflits et en optimisant les ressources du groupe pour atteindre un objectif commun. C’est de la gestion de projet et du leadership à l’état pur.

Cette traduction est la clé. Chaque mécanique de jeu que vous maîtrisez correspond à une compétence professionnelle valorisable. Votre capacité à optimiser un « build » dans un RPG est une forme d’analyse de données. Votre gestion de l’économie d’un jeu de stratégie est une introduction à la finance et à l’analyse de marché. Votre persévérance face à un boss de Dark Souls démontre une résilience et une capacité d’apprentissage face à l’échec exceptionnelles. Le tableau suivant offre quelques exemples de cette traduction essentielle.

Traduction des compétences gaming en skills professionnelles
Expérience Gaming Compétence Professionnelle Application Concrète
Raid MMO (20+ joueurs) Gestion de projet et leadership Coordination d’équipes complexes
Optimisation de build Analyse de données Optimisation de processus
Gestion d’économie in-game Finance et négociation Analyse de marché
Speedrun/Soulslike Résilience et apprentissage Gestion de l’échec productif

En apprenant à voir la valeur professionnelle de vos compétences de jeu, vous commencez à comprendre un principe encore plus profond : celui de l’interconnexion des ressources.

À retenir

  • La gamification n’est pas qu’une question de points, mais un changement de mentalité pour devenir l’architecte de votre propre système de motivation.
  • L’équilibre entre la difficulté des défis et vos compétences actuelles (la théorie du Flow) est la clé pour éviter l’ennui ou l’anxiété et rester engagé.
  • Les compétences développées en jouant (gestion de ressources, stratégie, résilience) sont directement transposables et valorisables dans le monde professionnel.

Pourquoi échouez-vous si vous ne voyez pas les liens invisibles entre vos ressources ?

Un joueur débutant voit les quêtes une par une. Un joueur expérimenté voit le système dans son ensemble. Il comprend que ses ressources (temps, énergie, argent, compétences) ne sont pas des silos indépendants, mais un écosystème interconnecté. Vous échouez souvent non pas par manque de volonté, mais par une mauvaise gestion de cet inventaire global. Dépenser toute votre énergie sur une tâche professionnelle (quête A) peut vous laisser sans « mana » pour votre session de sport (quête B), même si vous aviez le temps.

La vision la plus puissante pour visualiser ces liens est celle de l’arbre de compétences (Tech Tree), bien connu des joueurs de jeux de stratégie. Dans ces jeux, débloquer une technologie (ex: « le travail du fer ») en prérequiert une autre (ex: « la forge ») et en débloque de nouvelles (ex: « la fabrication d’épées »). Appliquez cette logique à votre vie : apprendre à « mieux dormir » (compétence A) débloque un bonus d’énergie qui rend l’apprentissage de « la programmation » (compétence B) plus facile. Maîtriser « la planification des repas » (compétence C) libère du temps et de la charge mentale, ce qui bénéficie à toutes vos autres activités.

Le procrastinateur chronique est souvent celui qui essaie de débloquer une compétence avancée sans avoir les prérequis. Il veut « écrire un roman » sans avoir développé la compétence « écrire 15 minutes chaque jour ». Voir sa vie comme un arbre de compétences permet d’identifier les goulets d’étranglement et de se concentrer sur les compétences fondamentales qui auront l’impact le plus large. C’est l’essence même de la pensée stratégique.

Plan d’action : cartographiez votre propre arbre de compétences

  1. Inventaire des ressources : Listez vos ressources principales : temps disponible par jour/semaine, niveau d’énergie moyen (matin/après-midi/soir), budget discrétionnaire, compétences actuelles. Soyez honnête.
  2. Définition des quêtes : Choisissez 1 à 3 objectifs majeurs que vous souhaitez atteindre (ex: « Lancer mon side-project »). Ce sont vos « technologies » finales.
  3. Identification des prérequis : Pour chaque objectif, décomposez-le en compétences prérequises. Pour « Lancer mon side-project », il vous faut peut-être « Compétence en marketing digital », « Gestion de budget », « Développement web de base ».
  4. Création de l’arbre : Dessinez littéralement un arbre sur une feuille. Placez vos objectifs finaux en haut et les compétences prérequises en dessous, en les reliant. Identifiez les compétences de base (ex: « Améliorer la concentration ») qui impactent tout l’arbre.
  5. Plan de jeu : Concentrez vos efforts sur le déblocage des compétences à la base de votre arbre. Célébrez chaque compétence acquise comme un niveau gagné, sachant qu’elle vous rapproche stratégiquement de vos objectifs ultimes.

Lorsque vous maîtrisez cette vision systémique à l’échelle personnelle, vous êtes prêt pour le niveau suivant : l’appliquer à des systèmes plus complexes, comme une entreprise.

Comment les jeux de gestion (Tycoon) peuvent vous apprendre à gérer une PME réelle ?

Si la gamification de votre vie personnelle est un jeu de rôle, la gestion d’une entreprise ou d’un projet d’envergure s’apparente à un jeu de gestion, ou « Tycoon ». Des jeux comme RollerCoaster Tycoon, SimCity, ou des simulations plus complexes comme Factorio, sont des laboratoires virtuels exceptionnels pour comprendre les dynamiques d’un système complexe, comme une PME.

Le principe de base est le même que celui de l’arbre de compétences, mais appliqué à une échelle macro : la gestion des flux. Flux de trésorerie, flux de matières premières, flux de production, flux de clients. Une PME qui échoue est souvent une PME qui a un « goulot d’étranglement » quelque part dans ses flux : une machine trop lente, un service client débordé, des délais de paiement qui étranglent la trésorerie. Les jeux de gestion vous forment à identifier et à résoudre ces goulots d’étranglement de manière intuitive.

Vous y apprenez l’art de l’investissement stratégique. Faut-il investir dans une nouvelle machine plus rapide (R&D) pour augmenter la production, ou dans une campagne marketing pour attirer plus de clients ? Un jeu de gestion vous montre, par un feedback immédiat (votre solde bancaire virtuel), les conséquences de ces décisions. C’est une formation accélérée et sans risque à la prise de décision managériale.

La gestion des ‘flux’ dans Factorio ou Satisfactory est une simulation extrême de la logistique d’entreprise : l’importance d’éliminer les goulots d’étranglement et d’investir dans l’automatisation pour pouvoir scaler son activité

– Observation analytique, Analyse des mécaniques de jeux de gestion

Cette perspective change tout. Gérer une équipe n’est plus juste « dire aux gens quoi faire », c’est optimiser un flux de compétences et d’informations. Gérer un budget n’est plus « dépenser le moins possible », c’est allouer une ressource pour débloquer le plus de valeur possible. Les jeux Tycoon nous enseignent que le succès ne vient pas d’une seule action brillante, mais de l’optimisation continue et de l’équilibre d’un système complexe.

En fin de compte, que ce soit pour gérer votre vie ou une entreprise, vous ne jouez pas pour cocher des cases. Vous jouez pour construire un système qui prospère.

Rédigé par Marc Delorme, Docteur en psychologie cognitive et consultant en gamification, Marc applique les neurosciences à la productivité et au bien-être depuis 15 ans. Il aide les professionnels à transformer leurs routines grâce aux mécanismes du jeu.